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Crise énergétique – les réponses du président de l’Agglo2B

Le Président de l’Agglomération du Bocage Bressuirais,
Pierre-Yves MAROLLEAU répond à quelques questions sur la situation de l’Agglomération face à la crise énergétique.

Les collectivités, comme les entreprises, subissent de plein fouet la hausse du coût de l’énergie. Quels sont les impacts pour l’Agglomération ?

Les conséquences sur le budget de l’Agglomération sont impressionnantes : plus 160% d’augmentation pour l’électricité, un coût du gaz multiplié par 14 en décembre et par 10 en janvier 2023. En un mois, la collectivité va dépenser en gaz ce qu’elle dépense habituellement en un an. Les dépenses énergétiques de l’Agglomération vont ainsi passer de 1 510 700€ par an pour l’année 2022 à près de 5 000 000€ en 2023.

Face à cette situation, les élus de l’Agglomération du Bocage Bressuirais se sont réunis à plusieurs reprises pour étudier les actions à mettre en place à court, moyen et long terme.

Au vu de l’impact de cette crise sur le pouvoir d’achat des ménages, il n’était pas envisageable d’augmenter sensiblement les impôts ou les tarifs d’accès à nos équipements.

Le choix s’est alors rapidement orienté vers les piscines qui sont les équipements les plus énergivores avec les stations d’épuration. Aquadel Cerizay et Cœur d’O Bressuire seront donc fermés pendant 2 mois cet hiver. Seule la piscine de Moncoutant-sur-Sèvre restera ouverte durant cette période.

La fermeture des piscines s’imposait ?

Ce choix qui a pu générer des incompréhensions, du mécontentement de la part des habitants, des clubs, je peux les comprendre, mais je les assume et les élus membres du bureau communautaire également. Pour rappel, nous avons 6 piscines pour 75 000 habitants, quand Cholet en a 2 pour 110 000 habitants. Ce sont des décisions difficiles à prendre, mais qui s’imposent dans un contexte budgétaire extrêmement contraint. Chacun à son niveau doit en prendre conscience. La responsabilité collective prime sur les besoins individuels de la population.

L’Agglo2B semble particulièrement touchée par cette crise.

Nos finances sont très impactées car notre Agglo intervient dans de très nombreuses compétences contrairement à d’autres collectivités qui n’ont que les compétences obligatoires. Nous avons ainsi beaucoup de services aux usagers qui sont de fait déficitaires. Par définition, un service public est un service mis à disposition des habitants à un coût qui ne couvre pas la totalité des frais supportés par la collectivité.

À titre d’exemple, le coût réel d’un abonnement au transport scolaire s’élève à près de 800€ par enfant, la somme sollicitée auprès des familles est de l’ordre de 150€, le reste à charge pour la collectivité est donc de 650€ par élève. Une entrée piscine devrait s’élever à 20 € pour couvrir les coûts de fonctionnement alors que l’entrée au tarif normal pour le public est à 4.5€.  Les chiffres parlent d’eux-mêmes sur ces deux services : 20% pris en charge par l’usager, 80% par la collectivité.

S’il est tout à fait légitime que les habitants ne paient pas le prix coûtant pour l’accès à nos services, il faut néanmoins qu’ils en aient conscience.

Ce contexte quelque peu morose ne doit faire oublier les belles réussites de l’Agglo ?

Effectivement, il faut savoir se tourner vers le positif et nos belles réussites collectives. Nous pouvons citer l’ouverture de deux équipements phares : la Cité de la jeunesse et des métiers (CJM) à Bressuire et le nouveau pôle culturel et touristique l’Abbaye à Mauléon. Ces équipements ont trouvé leur public et tous deux ont franchi la barre des 10 000 visiteurs.

Le Bocage et la CJM sont d’ailleurs souvent cités par Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine lors de ses interventions sur la politique liée à la jeunesse. Une preuve de plus qui montre la qualité de cet équipement qui bénéfice à tous les jeunes du territoire.

Comment s’annonce l’avenir ?

L’élaboration du budget 2023 qui est en cours s’annonce tout aussi contrainte. A la hausse des coûts de l’énergie, s’ajoutent les diminutions de nos recettes telles que la suppression de la taxe d’habitation décidée par l’Etat et dont la compensation n’est pas à la mesure des pertes engendrées.

Aussi, j’ai réuni le 4 octobre dernier les Vice-Présidents de l’Agglomération pour échanger sur ce sujet et élaborer un plan d’actions pour faire face aux surcoûts de l’énergie. Les échanges ont porté aussi bien sur les modalités d’exercice des compétences et la recherche du bon niveau de proximité, que sur notre Plan Pluriannuel d’Investissement. Je n’ai pas de baguette magique et les contraintes budgétaires nous obligeront sûrement à reporter certains chantiers.

D’autres crises ont été traversées. Et nous traverserons celles-ci. Nous sommes à un véritable tournant budgétaire. Notre collectivité ne peut plus être une Agglo de très grande proximité, mais restera une Agglo de proximité en lien avec les communes.

À nous de réinventer le service public aux habitants, de garder un cap optimiste et de trouver des solutions ensemble.